samedi 8 mai 2021

La vie au Tablier (Vendée) 1940-1942

         Pendant l'été 1940, les rumeurs vont bon train au Tablier : il se dit que les allemands ont tenté en vain, à plusieurs reprises, de débarquer en Angleterre et que des cadavres de soldats allemands enchainés sont rejetés à la côte et qu'ils sont emportés en un lieu mystérieux.

         A Noël 1940, la messe de minuit est célébrée le 24 décembre à 4 heures du soir (heure solaire).

        Au début de 1941, l'usage des cartes d'alimentation, notamment pour le pain, est de plus en plus strict. La population du Tablier se rattrape sur les légumes, les pommes de terre, les haricots.

        Au cours de la seconde semaine de juillet 1941,  se répand au Tablier la nouvelle de la mort de M. Anselme Lucien Joseph Marie NOUZILLE, directeur de l'école libre de garçons, dont les habitants étaient sans nouvelles depuis la mi-mai. M. NOUZILLE (né à St Hilaire de Loulay le 19 juillet 1912, époux de Germaine Marie Albertine ESNARD avec laquelle il s'était marié au Tablier, l e 11 septembre 1935) avait en effet été tué à Couvin, dans la province de Namur, en Belgique, le 19 mai 1940. Il était alors sergent au 116e Régiment d'Infanterie.

            Mort pour la France, son nom figure sur les monuments aux morts du Tablier, de La Boissière des Landes, ainsi que sur la plaque de commémoration des 24 militaires français tombés en mai 1940 à Couvin, placée près de l'hôtel de ville de cette localité.

            Son acte de décès a été transcrit sur les registres de l'état civil du Tablier de 1942 (vue 2/5).

        

Le Tablier. Monument aux Morts 1939-1945

        Les processions de la Communion Solennelle et de la Fête-Dieu ont lieu après avoir été autorisées par la Kommandantur.

        A Noël, la messe de minuit a lieu normalement : elle débute à 11 heures du soir (heure solaire, soit 1 heure du matin, heure officielle) afin que l'église soit évacuée et fermée à 3 heures (heure officielle, soit 1 heure, heure solaire).

        En octobre 1942, reprise des classes : . Joseph BOISSEAU remplace M. DOUAUD, muté à St Christophe du Ligneron.

        La messe de minuit de Noël 1942 est célébrée comme en 1940, dans la soirée du 24 décembre, à 4 heures (heure solaire).

         

mardi 27 avril 2021

Occupation et Résistance au Tablier (Vendée)

         Spécialiste de l'Histoire vendéenne, Michel GAUTIER a publié aux Editions Geste, en 2012, l' ouvrage " Occupation et Résistance en Vendée " qui a été réédité en juin 2020.

        Parmi les témoignages qu'il a recueillis, certains présentent un intérêt pour la connaissance de la période de la seconde guerre mondiale au Tablier, et notamment le chapitre 7 (page 137 et suivantes), intitulé " Du maquis L4 de Piquet à la poche de La Rochelle ".



vendredi 16 avril 2021

Les allemands au Tablier (Vendée) en juin 1940


La Vendée. Guide à l'usage des soldats allemands.
 Publié dès septembre 1940 sous la plume d'Emile Boulling
 

     La signature de l'armistice du 22 juin 1940 n'est connue au Tablier que le 24, en soirée. Dans la journée, les habitants ont su que des " masses d'éléments motorisés allemands " venues de La Roche-sur-Yon et se dirigeant sans doute vers les Charentes, étaient passées à Saint-Florent-des-Bois.

    Le lendemain, 25 juin, jour d'entrée en vigueur du cessez-le-feu, le maire du Tablier, reçoit du commandement allemand l'ordre de préparer immédiatement le logement de 300 hommes de troupe. La petite administration municipale est en pleine effervescence. Les classes sont débarrassées de leur mobilier. Des chambres et des lits sont retenues dans le bourg, partout où l'on peut en trouver.

    Les soldats arrivent dans la soirée mais n'utilisent aucun des logements préparés. Ils campent avec tout leur matériel et leur équipage, les uns aux abords du lieu-dit Le Fonteniou, sur la commune de Saint-Florent-des-Bois, les autres aux abords du bourg du Tablier, dans le champ qui s'étend de " la maison DOUSSAIN " jusqu'au calvaire, sur la route de Rosnay et qui relève de la métairie dont Auguste CHARPENTREAU est le fermier. La troupe réquisitionne des vivres qu'elle paie, ce qu'elle ne fait pas  pour le fourrage.

    Deux jours plus tard, le 27 juin, Le Tablier passe à l'heure allemande. L'horloge de l'église et les réveils des habitants sont avancés d'une heure. La circulation devient interdite sur la voir publique après 21 heures alors qu'au soleil il n'est que 19 heures. Un piquet de soldats, baïonnette au canon, fait plus tard une ronde dans le bourg pour s'assurer du respect de cette consigne ainsi que celle donnée de fermer toutes les portes et d'obturer les fenêtres pour empêcher la lumière d'être vue de l'extérieur.

    Les journaux ne sont plus distribués et les nouvelles, vraies ou fausses, sont légion.

    Le lundi 1er juillet, les écoles de la commune, fermées depuis le 15 juin, sont réouvertes à l'invitation des autorités allemandes.

    Le lendemain, mardi 2 juillet, le détachement cantonné au Tablier et au Fonteniou lève le camp mais les ordres relatifs à l'heure et à la circulation restent en vigueur. D'ailleurs, presque chaque jour, des patrouilles allemandes passent au Tablier, sans doute pour s'assurer du bon respect des interdictions.

    Pendant ce temps, à Saint-Florent-des-Bois où les soldats continuent à habiter chez l'habitant, le passage des convois militaires est continu.

    

mardi 13 avril 2021

La Marianne de la mairie du Tablier (Vendée) a été détruite

 

        Dans son ouvrage intitulé " Le Tablier ", paru en 1975, M. Jean-Louis MARCHAND, raconte l'histoire du buste de Marianne volé à la mairie de sa commune et qu'un individu a détruit.


        Aucune date de cet acte de vandalisme n'étant indiquée par l'auteur, je ne sais s'il faut le rapprocher d'un fait identique survenu pendant la seconde guerre mondiale et que j'ai rappelé dans un article précédent.

Un pilote aviateur tombe dans un fossé au Tablier (Vendée) en septembre 1937

                     

    Un article du Messager de la Vendée fait état, dans son édition du 5 septembre 1937, de la mésaventure survenue à un " pilote aviateur " qui se retrouva, près de la Gerbaudière, en auto dans un fossé :



lundi 12 avril 2021

Le Tablier (Vendée) pendant la seconde guerre mondiale

      Beaucoup de choses restent à découvrir et à publier sur la période 1939-1945 au Tablier. Parfois, au détour d'une lecture, quelques faits qui se sont passés sur le territoire de cette commune sortent de l'oubli. C'est ainsi que l'on trouve dans le n° 3 - 1996 des " Recherches Vendéennes " :

- page 42, la mention de  " la destruction d'un buste de Marianne ... à la mairie du Tablier " par des partisans de la collaboration.

- page 99, une photo intitulée " Les bois de Piquet, premier emplacement du maquis L4 "

- page 100, l'indication qu' " Un deuxième maquis se crée à Luçon, sous la direction du capitaine  Auguste Alcide. Son premier campement est le bois de Piquet, situé près de la ferme de La Bodinière, sur les flancs d'un coteau dominant la Vallée de l'Yon. " 

N. B :  Le capitaine Alcide AUGUSTE (alias Viet) publiera en 1946 un ouvrage de 109 pages intitulé " Regards sur la  Résistance Luçonnaise et le Maquis L 4 "  et dont un exemplaire se trouve  aux Archives de la Vendée, sous la cote BIB 666. A noter qu'une présentation de ce texte a été réalisée dans le n° 11 - 2004 de " Recherches Vendéennes ", " Les vendéens dans la seconde guerre mondiale", en pages 375-436, par Marcel Guintard, sous le titre " Capitaine AUGUSTE : La Résistance luçonnaise ".

 


- page 125, la photo d'un mandat d'arrêt, daté du 13 août 1944, délivré par le le colonel DAVID, commandant des F.F.I. du département de la Vendée, à l'encontre de Mlle ... , demeurant à La Grassonnière du Tablier, indiquée comme étant milicienne.

N. B : Cette personne, dont les nom et prénom sont occultés sur la reproduction du cliché, est  une  jeune femme de 21 ans qui sera arrêtée en septembre 1944 et internée à la prison de La Roche-sur-Yon. Elle est l'une des sept personnes du Tablier (dont six du Bourg) arrêtées alors comme collaborateurs des allemands. Deux d'entre eux furent internés au camp du Bourg-sous-La-Roche et les autres enfermés à la prison de La Roche-sur-Yon.

 Quant au signataire du mandat d'arrêt, DAVID, il était le pseudonyme du commandant Maurice BAFFERT  qui avait établi son quartier général au château de Fougeré. 

vendredi 19 mars 2021

En 1461-1465, les habitants du Tablier (Vendée) refusent de payer des droits seigneuriaux

     Sous l'Ancien Régime, les habitants du Tablier étaient, sujets de la châtellenie de Mareuil et La Vieille Tour ou de la baronnie de Brandois et de ce fait redevables de droits seigneuriaux auxquels ils tentaient parfois de se soustraire. Mais pour cela, ils devaient actionner la justice, d'abord seigneuriale, puis, s'ils se sentaient dans leur bon droit ou procéduriers, la justice royale elle-même.

     C'est ce qui s'est passé au XVe siècle, quand " 23 redevables, soit tout le village du Tablier, sont poursuivis devant le tribunal de Poitiers " pour " un refus collectif de payer " une redevance de quelques gerbes de froment dues au seigneur châtelain de Mareuil et La Vieille Tour qui est alors Louis II de La Trémoïlle.

     Nous connaissons l'existence de cette procédure grâce aux riches fonds privés de cette famille conservées aux Archives Nationales, et notamment au chartrier de Thouars dont les La Trémoïlle possédaient le duché dont dépendait la châtellenie de Mareuil et La Vieille Tour.

     Cette information a été donnée par M. Denis MINIER, dans son étude " La châtellenie de Mareuil au XVe siècle " parue dans le n° 8 - 2001de Recherches vendéennes, page 406, résumé de sa maîtrise d'histoire portant le même intitulé et soutenue à l'Université de Nantes en 1997. 

     Un exemplaire de ce mémoire de maîtrise est conservé aux Archives de la Vendée sous la référence BIB MEM 491.

     A noter qu'aux Archives Nationales cette affaire figure dans le registre des comptes d'Alexandre BRILLOUET, receveur, coté 1 AP/1204 (1461-1465).